Dans la société Kanak, l’espace et le moment de la parole sont aussi importants que la parole elle-même. Il est important de noter que pour certains rituels socioculturels, la parole obéit à un cheminement qui ne laisse rien au hasard car sans le respect de ce protocole très codifié, la parole perd de sa valeur et de son objet – Kici Eatene
Les 3 premières étapes bien vécues et ancrées dans nos vies nous permettent de découvrir la 4ème règle qui nous mènera Sur le Chemin du Mana : propre dans sa bouche.
La parole est importante dans la culture océanienne. Elle est d’Or. Elle est le Verbe qui crée.
Les paroles ne s’envolent pas. Elles sont notre moyen de communication. Nous devons absolument faire attention aux mots que nous employons, à la façon dont nous nous exprimons. Le vieil adage « Tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler » a tout son sens.
Prenez le temps avant de parler et posez-vous ces 3 questions :
1) est-ce que ce que je dis est important ?
2) est-ce que ce que je dis cause du tort à quelqu’un ?
3) est-ce que ce que je dis est juste ?
Et observez-vous.
1er accord Toltèque : « Que votre parole soit impeccable »
Il s’agit ici de peser l’importance des mots. En effet, les paroles ont un pouvoir important, elles peuvent créer l’enfer ou le paradis, laisser des traces ou blesser. Il conviendra de ne pas les utiliser comme une arme (mensonge, calomnie…), ni contre les autres, ni contre soi-même.
Au contraire, les mots doivent être empreints de vérité et d’amour. Une injonction qui concerne aussi nos pensées non verbalisées, et qui permet de cultiver une réelle bienveillance vis-à-vis des autres et de soi-même. Pour Miguel Ruiz, une parole impeccable est une parole dénuée de tout pêché.
On peut penser que cet accord toltèque vise à la maîtrise du mental : rappelons que chaque jour, des milliers de pensées subies nous assaillent, issues des profondeurs de notre inconscient (instinct, pulsions, émotions, envies, peurs, regrets, etc).
Enfin, la recherche du silence méditatif peut constituer une réponse à cette recherche d’une pensée irréprochable.
Observer ses paroles nous permet de savoir si nous parlons à bon escient ou pas.
Avez-vous l’habitude de commenter vos rencontres, vos conversations téléphoniques à votre entourage ? Avez-vous l’habitude de critiquer auprès de votre entourage les personnes avec qui vous venez de discuter ? Avez-vous l’habitude de vous plaindre de la météo, des actualités, des voisins, etc… ? Avez-vous l’habitude de parler pour meubler les silences qui vous mettent mal à l’aise ? Voulez-vous toujours avec le dernier mot ?
Voilà quelques mauvaises habitudes qu’il est intéressant d’observer chez soi (Non chez les autres, tout ce que vous faites ici vous concerne vous et non les autres) et avec lesquelles il est temps d’en finir.
La communication non violente
La CNV ou Communication Non Violente est un des outils les plus complets que nous devrions utiliser pour suivre la règle n°4, surtout les personnes ayant pour mission de travailler avec les autres et d’aider le plus grand nombre.
Sans la maîtrise de cet outil, il est difficile de faire passer correctement le message.
La communication non violente s’attache à instaurer entre les êtres humains, des relations fondées sur une coopération harmonieuse, sur le respect de soi et des autres.
Marshall Rosenberg était docteur en psychologie et a mis au point le processus de la Communication Non Violente (CNV). Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la communication, notamment à l’école et en famille.
Les 4 principes de la communication non-violente
Principe 1 – Observer la situation
Face à une situation révoltante, prenons le temps d’observer la situation avant de nous emporter. Et mettons-nous en tête que ce n’est pas l’autre qui nous agace, mais la situation.
Pas de jugements, pas de généralisation (tu es TOUJOURS…, il n’est JAMAIS…). Sans critique, il n’y a pas de réaction de défense. Ce sont des faits.
Un proverbe dit que « la capacité à observer sans évaluer est l’une des formes les plus élevées de l’intelligence ».
Principe 2 – Identifier mes sentiments découlant de la situation
Attendons encore un peu avant de nous emporter. Prenons le temps d’identifier les sentiments qui émergent en nous. Il est important de ne pas garder des sentiments en nous, au risque de déclencher un effet cocotte-minute : l’explosion d’une accumulation de sentiments non exprimés.
N’oublions pas : une émotion ne dure pas plus de 90 secondes.
Principe 3 – Identifier mes besoins qui doivent être couverts
Pour certain, cela peut être la partie la plus difficile. Elle consiste à identifier la cause du problème, sans s’accuser ni accuser l’autre !
Souvent, lorsque l’on s’emporte, on considère que tous les torts sont attribuables à autrui. La réalité, c’est que l’on s’énerve parce que l’autre n’a pas répondu à nos besoins. Tout l’enjeu est donc d’identifier nos besoins (puis de les exprimer).
Cela parait simple et évident mais ça ne l’est pas toujours. C’est un véritable travail d’introspection que d’identifier la cause de nos émotions!
Principe 4 – Formuler une demande claire qui rendra ma vie meilleure
Maintenant que l’on a identifié nos besoins, il reste à les exprimer sans blâmer l’autre.
Lorsque la requête est formulée clairement et avec compassion, elle génère une réponse de compassion. Idéalement, la requête est positive : ce qui doit être fait plutôt que ce qui ne doit pas être fait. La requête inclut des actions concrètes.
La communication en résumé
« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » – Bernard Werber
La communication est très difficile parce que nous sommes remplis de préjugés, parce qu’on comprend de travers, parce qu’on a des difficultés à s’exprimer et parce qu’on a des difficultés à écouter. Reste un énorme travail à faire; nous sommes à l’aube de la communication.
C’est étrange parce que maintenant que nous avons des outils très répandus et très puissants on peut communiquer facilement mais on n’utilise pas ces moyens. Plus on a d’outils pour communiquer, moins on communique et plus la communication perd en richesse.
L’autre plus grand problème de la communication, c’est qu’on n’écoute pas pour comprendre. On écoute pour répondre. Savoir écouter c’est aussi et surtout savoir se taire pour laisser l’espace à l’autre de verbaliser, une vraie écoute active.
Nous sommes à une époque où la communication prend énormément d’importance et où il faudrait avoir une réflexion : on communique quoi ? A qui ? Quelles idées ? Quelles émotions ?
Communiquer avec bienveillance
S’exprimer avec bienveillance, courtoisie, sans jugement, avec politesse.
La parole est importante : soyons vigilant et communiquons avec respect.
La communication non violente (appelée aussi CNV) s’attache à instaurer entre les êtres humains, des relations fondées sur une coopération harmonieuse, sur le respect de soi et des autres. Théorisée par Gandhi, apôtre de la non-violence, cet outil de communication verbale est recommandé pour la résolution de conflits et permet de développer une meilleure relation à soi. Son premier objectif ? Communiquer avec davantage d’authenticité.
Il s’agit d’un outil de communication, principalement verbal, qui vise à transformer les conflits en de simples dialogues. Dans la relation aux autres nous sommes confrontés à nos besoins, mais comme nous ne savons pas les reconnaître, et encore moins les écouter, nous avons tendance à les étouffer. Alors comment prétendre à une bonne écoute de l’autre, si nous ne savons pas le faire pour nous même ? Pour y parvenir la CNV propose d’apprendre l’alphabet d’une communication débarrassée de toute violence, à commencer envers soi-même.
La technique repose sur l’application de quatre principes fondamentaux :
1) Toute situation doit pouvoir être observée sans juger les autres ;
2) Chacun doit apprendre à exprimer son propre ressenti ;
3) à exprimer ses besoins ;
4) à formuler ce qu’il attend de l’autre.
La pratique permet de renoncer à tout jugement de l’autre pour sentir ce qui se passe en soi, tout en favorisant une collaboration mutuelle. Ce n’est en aucun cas une thérapie, toutefois elle peut avoir des retombées positives en termes de connaissance de soi.
Conclusion
C’est l’histoire (réelle) d’un groupe de jeunes (et pas des voyous, ils auraient pu être vos enfants, vos frères et soeurs) qui s’insultaient pour se dire bonjour, se tapaient dessus, par jeu. Un jour l’un d’entre eux fut très en colère. D’habitude, les mots grossiers et cinglants sont les premiers signes de colère visible. Comment faire alors pour montrer qu’il était vraiment en colère ? Il en est venu aux mains et a tué un de ses amis…. Il venait d’avoir 18 ans…
Les paroles ne s’envolent pas. Les paroles sont notre moyen de communication.
Nous devons absolument faire attention aux mots que nous employons, à la façon dont nous nous exprimons.
Si nous sentons les mots cinglants, les paroles blessantes, les mots grossiers monter dans notre bouche, taisons-nous !
Donnons l’exemple aux plus jeunes en leur parlant avec respect et politesse, usons et abusons de la communication non violente.
Bozu Claudia. Merci de le rappeler.Je déplore souvent cet état de fait :La parole sacrée a perdu de son essence. De plus avec les enjeux, le détournement et toutes les problématiques qui touchent la communication, il faudrait écrire un livre sur Propre dans sa bouche… Ça me donne une idée de relayer ça sur la page FB de la commune. … je vais voir comment… si je peux. Oreone
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Je crois sincèrement, ma chère âme-ie, que les outils comme la Communication Non Violente ou encore la méthode Faber et Mazlish peuvent redonner du sens à la parole kanak.
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