Pour le deuxième article dans la rubrique « Racines », la thématique de la Parole est reproposée.
« Respect et Humilité précèdent mes propos. »
Il faut en effet préparer l’espace pour faire naître la Parole. Pour rappel, voici ci-dessous quelques extraits de l’explication que nous vous avions faites dans « La langue, un instrument de communication ».
La parole kanak est d’abord la parole spirituelle et sacrée née de l’Ancêtre et qui arrive dans le visible avec la mission première d’organiser l’espace et d’établir des relations. C’est aussi elle qui fait naître en soi la conscience d’exister et d’occuper un espace défini. La parole kanak est sacrée, elle marque la présence de l’Ancêtre. C’est elle qui organise l’espace et établit les relations. C’est aussi elle qui fait naître en soi la conscience d’exister et d’occuper un espace défini.
La parole n’est pas seulement un moyen d’information mais elle est aussi action par elle-même (qaja/kuca « dire/faire » en drehu, ye/rue en nengone, ina/pwa en paicî) : lorsqu’une autorité coutumière s’exprime, sa parole vaut acte.
La force de l’oralité dans la Coutume procède de la pratique continue et répétée des discours coutumiers à l’occasion des cérémonies ainsi que des contes, des berceuses, des chants « Aé, Aé » et des danses. Elle constitue une composante importante des rituels coutumiers forgeant inlassablement les mentalités et les pratiques de génération en génération.
La Parole des vieux est un patrimoine oral et immatériel que détiennent chaque clan et chaque chefferie et qu’ils doivent entretenir et perpétuer. Elle constitue et réélabore la mémoire. Elle ancre la transmission dans le souffle des vivants et des anciens.
Ainsi, la Parole est identité. Elle délivre Qui l’on est. Elle véhicule ce que nous sommes à l’instant. D’où l’importance de Parler avec conscience. Elle est conscience même. Le son est une force. Elle est pouvoir. Comme tout pouvoir, elle peut tout aussi bien faire le mal que le bien.
Des cinq Accords Toltèques, celui de la Parole est en première position: « Que Ta Parole soit impeccable ».
Dans la Bible, « le Verbe (la Parole) s’est fait chair et Il a habité parmi nous. »
Dans certaines cultures, la langue est représentée de manière grossière illustrant le pouvoir que détient ce petit organe.
Ainsi la Parole est une énergie créatrice, elle est spirituelle, elle est identitaire, elle est mémoire.
Avons-nous conscience de ce que cela signifie?
D’antan il y avait cette éducation où l’on ne parlait que si l’on y était autorisé. . On ne coupait pas la parole. On écoutait l’autre, encore plus le vieux, les parents, les tontons, les grandes personnes. On s’interdisait les grossièretés, le langage vulgaire.
On maîtrisait son verbe.
On utilisait différents types de discours selon la personne en face de soi.
Nous savons que beaucoup de maux sont dûs aux mots: la médisance, le mensonge, l’humiliation; les mots dits sous la colère, les émotions; les paroles données sans réflexion, celles formulées en oubliant qui nous sommes. Sans conscience !
Il serait bien de faire l’exercice que nous propose Socrate pendant ces 21 jours car il disait aussi « Le mauvais usage de la parole induit le mal dans l’âme. »:
L’exercice des trois tamis:
Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit:
– Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.
– Je t’arrête tout de suite, répondit Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers de trois tamis?
Et comme l’homme le regardait d’un air perplexe, il ajouta:
– Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu’on a à dire au travers de trois tamis. Voyons un peu! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié que ce que tu as à me dire est parfaitement exact?
– Non, je l’ai entendu raconter et …
– Bien! Mais je suppose que tu l’as au moins fait passer au travers du second tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, est-ce au moins quelque chose de bon?
L’homme hésita, puis répondit:
– Non, ce n’est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire …
– Hum! dit le philosophe. Voyons tout de même le troisième tamis. Est-il utile de me raconter ce que tu as envie de me dire?
– Utile? Pas exactement …
– Alors n’en parlons plus! dit Socrate. Si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère l’ignorer. Et je te conseille même de l’oublier … »
Bonne réflexion.
Changeons le monde collectivement !
Dans le livre des Esprits codifié par Alan Kardec, les Esprits expliquent que « (…) la parole est matérielle : c’est le reflet de l’Esprit. » Ils rappellent également que « Dieu n’a pas donné inutilement à l’homme la parole et toutes les autres facultés nécessaires à la vie de relation. ».
J’aimeAimé par 1 personne
Plus proche de nous, la Communication Non Violente (CNV) transforme la parole en un dialogue authentique et empathique, basé sur l’écoute des sentiments et des besoins plutôt que sur les jugements, les critiques ou les injonctions. Elle s’articule autour de quatre étapes clés : l’Observation (faits sans jugement), les Sentiments, les Besoins, et la Demande claire, visant à créer du lien et à résoudre les conflits en exprimant sincèrement ce qui nous anime et en accueillant l’autre.
J’aimeAimé par 1 personne